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France 2015

 

 

Lisa Angell représentera la France au 60ème concours Eurovision de la chanson avec le titre N’oubliez pas.

La chanson écrite cet automne à l’occasion des commémorations de la première guerre mondiale, est signée Robert Goldman, à qui l’on doit déjà le Je n’ai que mon âme de 2001.

 

 

 

Lisa est déjà connue des téléspectateurs français, pour être apparue dans plusieurs émissions de Patrick Sébastien, ou plus récemment et régulièrement, dans l’émission Les chansons d’abord de Natasha St-Pier.

3 albums à son actif déjà. Les Divines en 2011, Des mots… deux ans plus tard et Frou-Frou en 2014.

 

 

 

 

 

Lisa Angell réalise son rêve : représenter la France à l’Eurovision

 

 

C’est le vendredi 23 janvier 2015 au matin que les Français ont découvert celle qui allait les représenter au concours Eurovision à Vienne, Lisa Angell. Depuis la veille, les réseaux sociaux étaient en ébullition car il se disait que RTL dans sa matinale allait annoncer l’interprète, le titre et diffuserait même un extrait. Effectivement, c’est avec un écouteur discrètement connecté à leur PC, en essayant de ne pas se faire remarquer par leurs collègues ou leur patron, que les amateurs du concours ont entendu les premières notes de « N’oubliez pas ». Dans la matinée, c’est plus d’une minute qui était disponible sur internet et finalement la chanson complète en milieu de journée. Nous avons rencontré Lisa Angell quelques jours plus tard, dans un café parisien, accompagnée de son manager, Franck Zajac. Nous avons fait la connaissance d’une artiste généreuse, charmante et bienveillante qui a répondu avec beaucoup de sincérité à nos questions. Le prochain album de Lisa Angell sortira le 11 mai prochain chez Sony-Smart.

 

Cocoricovision : Bonjour Lisa, quand as-tu commencé à chanter ?

 

Lisa Angell : J’ai commencé toute petite. Je suis issue d’une famille italienne par mon papa. Et c’était un rituel, en fin de repas, mon papa me faisait chanter une chanson en napolitain. Et je chantais tout le temps. Un jour j’ai vu qu’il y avait un concours de chanson dans le cadre du carnaval de Nice (j’ai grandi à Nice) et comme je voulais aller faire ce concours, mon père m’y a inscrite. Et j’ai gagné mon petit concours à Nice avec « L’oiseau et l’enfant », le titre avec lequel Marie Myriam avait gagné l’Eurovision quelques mois avant. J’avais onze ans. Il faut savoir qu’à la maison l’Eurovision c’était très important et moi j’y attachais beaucoup d’importance. Le soir de l’Eurovision je m’habillais, je me faisais jolie, je me maquillais et me faisais les ongles, je mettais une petite robe et je chantais devant la télé comme si je participais. De huit ans jusqu’à onze ans.

 

A quel moment as-tu décidé d’en faire ton métier ?

 

A sept ans. J’avais vu Serge Lama sur scène et je me rappelle qu’il chantait « Je suis malade » à la fin de son tour de chant. Il était en costume blanc et il s’est mis à genoux et il a même chanté une partie de la chanson à capella et je me suis mise à pleurer. J’ai regardé mon père et ma mère et je leur ai dit « C’est ce métier que je vais faire ». Ils m’ont dit « Oui, oui, c’est ça … ». Et finalement c’est le métier que je fais et que j’ai toujours fait. Je n’en ai pas fait d’autres.

 

Tes parents n’ont pas essayé de te décourager ?

 

Non, ils m’ont beaucoup encouragée. Ce sont des mélomanes, et ma grand-mère paternelle chantait aussi. Quand j’étais jeune j’aimais Nicole Croisille, Sege Lama, Jacques Brel, toutes les chansons à texte en fait. Et après j’ai fait plus de vingt ans de piano-bar et je représentais la chanson française à chaque fois. C’est un métier que j’ai rêvé de faire et je me suis donnée les moyens de le faire. J’ai commencé par un an d’orchestres et comme je n’avais pas envie de partir tout le temps sur les routes, je me suis cantonnée à faire du piano-bar, des soirées privées, sur Nice, Cannes, Monaco, et toute la région PACA. En Corse aussi. J’ai pas mal bourlingué comme on dit dans le métier.

 

Tu es montée à Paris en 2001. Quelles en étaient les raisons ?

 

Je n’avais jamais quitté la Côte d’Azur. Et j’ai rencontré un monsieur qui venait me voir quasiment tous les soirs au piano-bar et qui aimait beaucoup ce que je chantais. Il m’a proposé de rencontrer Didier Barbelivien. Je suis donc montée sur Paris, pour rencontrer Didier, et on a fait un single, qui s’est appelé « Des années après ». Mais je continuais en même temps le piano-bar.

 

Ça n’a pas été plus loin avec Didier Barbelivien. Il y a des raisons ?

 

Non, y’a pas de raison. Ce métier est très difficile. A l’époque je n’étais pas entourée de gens du métier, à part Didier, et je pense que lui aussi avait sa carrière d’artiste et n’avait pas le temps de s’occuper de quelqu’un comme un producteur l’aurait fait. Je ne connaissais personne à Paris et personne ne me connaissait et ça s’est arrêté de la même façon que ça avait commencé. Je suis retournée dans le sud et j’ai continué mon métier de chanteuse.

 

Et puis il y a une rencontre qui a été déterminante, en 2009, avec le magicien Dany Lary. Peux-tu nous en parler ?

 

Je travaillais au casino Ruhl à Nice et à la fin d’un tour de chant, Dany Lary, qui était dans la salle, m’a interpelée en me proposant de faire partie de son spectacle. A l’époque il montait une comédie « magicale ». Il avait envie d’y mettre de la magie, du chant, de la danse, de la comédie. Et donc il m’a proposé ce projet qui n’avait pas vu le jour encore. Tout était dans sa tête. Je lui ai répondu « Pourquoi pas ? ». On s’est vu deux trois fois et je suis partie dans l’aventure. Dany a monté sa comédie « magicale ». Il a monté tous les tours de magie. Nous, avec mon équipe de compositeurs, on a créé les chansons par rapport aux tours de magie, et on est parti en tournée. Suite à cette tournée, un soir, on était je ne sais plus où, et là il me dit « Lisa tu as déjà fait de la télé ? ». Je lui réponds « Non ». Et il me dit « Lundi on va participer au « Plus grand cabaret du monde » et on va y faire un tour de magie où tu chantes ». J’ai dit « OK » et je me suis retrouvée sur un plateau de télévision. En l’espace de trois ans j’ai fait quatre télés. C’est à la suite de ça que Patrick Sébastien m’a proposé de faire « Les Années Bonheur » en 2011. En faisant « Les Années Bonheur », il s’est passé un truc incroyable : les gens se sont levés et m’ont applaudie pendant de longues minutes et lui était ravi de cette standing ovation. Il se disait « Elle n’est pas connue cette jeune femme et pourtant les gens l’apprécient » et du coup il est parti avec la vidéo de la prestation télé chez Universal et il a réussi à me faire signer un contrat avec trois albums, chez Polydor. Deux mois après j’étais en studio pour enregistrer mon premier album.

 

Tu as fait trois albums. Chaque album correspond à une aventure. Peux-tu nous parler de ces trois albums ?

 

Le premier album, « Les Divines », s’est fait dans une euphorie extrême car j’avais toujours rêvé de faire du disque. Mais ce qui me faisait rêver ce n’était pas le disque en lui-même, mais la possibilité de faire de la scène pour des gens se déplaçant pour m’écouter chanter et non pas pour boire un verre ou manger un bout pendant qu’une chanteuse fait son tour de chant. C’était un de mes rêves et je savais que ça passait par un disque et des passages en télévision, pour pouvoir amener un public et remplir une salle. Et cet album s’est aussi fait très rapidement. On a établi une liste par rapport à ce que j’aimais vraiment chanter et on les a mis sur l’album. Il y a donc des reprises et quelques compositions. Patrick Sébastien à l’époque m’a écrit des textes et mon mari, Rémi Bailet, qui est pianiste, m’a composé des chansons. La chanson « Les divines » c’est Patrick Sébastien qui l’a écrite. C’était en 2011.

 

Le second album, « Des mots », sorti en 2013, s’est fait plus cool, avec un directeur artistique qui s’appelait Philippe Swan (NDLR : Artiste connu dans les années 80 et 90, avec notamment le single « Dans ma rue » en 1988, devenu producteur dans les années 2000). Il y avait une reprise, « Je saurai t’aimer » (NDLR : Adapté par Mélanie Cohl, représentante Belge de 1998, de « The power of love » de Jennifer Rush et repris par Céline Dion), et des compositions de Philipe Swan et de Rémi Bailet, notamment.

 

Et puis je me suis lancée dans mon troisième album, sur une idée de mon manager, Franck Zajac. Il m’a dit « Ça fait vingt ans que tu chantes de la chanson française, pourquoi ne pas reprendre les vieilles chansons françaises ? ». J’ai trouvé l’idée intéressante et du coup on a fait l’album « Frou Frou » qui est sorti en avril 2014.

 

Après « Les Années Bonheur », il y a eu « Les Chansons d’Abord ». Comment s’est passée cette aventure ?

 

Au moment de mon premier album, j’avais fait « Chabada » où j’ai rencontré Vincent Niclo. Je chante avec lui « Le blues du businessman ». Et le producteur de Vincent Niclo, Franck Saurat, m’a appelée pour participer aux « Chansons d’Abord ». Il savait que j’avais une bonne connaissance des chansons françaises. On a fait un pilote. Il a proposé ça à France 3 et la chaîne a dit « OK » et du coup je suis partie un an dans cette aventure.

 

Tu as aussi repris « L’oiseau et l’enfant » avec le chanteur portugais Tony Carreira. Comment as-tu été amenée à travailler avec lui ?

 

C’est par son équipe dans laquelle il y avait Franck Zajac, qui m’avait vue dans « Les Années Bonheur ». Et quand se préparaient les chansons pour Tony, Franck s’est dit qu’il fallait que Tony et moi fassions un duo. On m’a proposé « L’oiseau et l’enfant » et pour moi c’était hallucinant. En plus j’ai rencontré mon manager à cette occasion.

 

Quelles sont tes influences musicales, quel est ton univers, quels sont les artistes qui t’ont marquée ?

 

Je chante la variété parce que j’aime profondément la variété qu’elle soit française ou internationale. Toute jeune j’écoutais Barbara Streisand, Whitney Houston, et à côté j’aimais beaucoup Stevie Wonder, Al Jarreau, et George Benson. Et côté chanson française j’écoutais les chansons à texte, Lama, Croisille, Edith Piaf, Brel. J’ai d’ailleurs beaucoup chanté ces gens.

 

Comment s’est passée la rencontre avec Robert Goldman et comment t’es-tu vue proposer le titre « N’oubliez pas »?

 

Depuis septembre 2014 je suis en train d’enregistrer des maquettes pour mon prochain album. Il doit sortir le 11 mai prochain chez Sony-Smart, avec uniquement des inédits cette fois. Je reçois donc des chansons de pas mal d’auteurs-compositeurs, dont une chanson de Robert Goldman, « N’oubliez pas ». C’était en octobre. Elle me fait tilt et elle fait sens avec ce que je pense, avec ce que je ressens. J’avais vu quelques mois plus tôt un documentaire sur la guerre 14-18, et le texte de la chanson m’a parlé tout de suite. Je me suis dit « j’ai envie de la tenter et je vais faire une maquette ». Je vois ça avec mon équipe et en studio je rencontre Robert avec qui ça colle tout de suite. C’est un mec que j’adore et il est vraiment super. On enregistre le titre.

 

Le 17 novembre je suis en concert à la Madeleine. Mon producteur, Jean-Claude Camus, qui supervise la préparation de mon album, me propose de chanter « N’oubliez-pas ». J’étais partante pour proposer aux gens mon nouveau projet en leur faisant le cadeau de la première chanson de l’album en préparation. Je chante la chanson. Elle est terriblement bien reçue.

 

C’est Robert Goldman et Jean-Claude Camus qui ont apporté et fait écouter la chanson à France Télévisions. Et en janvier je reçois un coup de fil de Franck qui me dit que la chanson avait beaucoup plu à France Télévisions et que, comme la sélection se faisait cette année en interne, ils avaient décidé qu’on allait représenter la France à l’Eurovision cette année. Je dis on parce qu’il y a Robert Goldman dans cette aventure avec moi.

 

Comment as-tu réagi ?

 

Au départ je croyais que c’était une blague. Et quand Franck m’a dit que c’était la vérité j’ai eu l’impression d’avoir eu les six numéros gagnants du loto. Et j’ai crié de joie. Tu imagines ? Quand tu as ce rêve là depuis que tu as sept ans et que trente ans après on t’annonce que véritablement c’est toi qui va le faire cette année ! C’est un cadeau. Je suis une femme heureuse et tous les jours je profite.

 

Parle-nous du message de cette chanson.

 

La chanson se divise en deux parties. Tout d’abord c’est une femme qui arrive dans son village détruit à cause de la guerre. Et la seconde partie est un message d’espoir et un message de paix. Sa promesse à elle c’est de reconstruire son village, et bien plus beau qu’il n’était avant. C’est vraiment un message d’espoir et c’est pour ça qu’elle m’a plu cette chanson, parce qu’elle n’est pas que dans le négatif, elle apporte quelque chose de positif. Si on y croit on peut tout faire, tout refaire et tout reconstruire ou se reconstruire quand il s’agit de peines personnelles. Et je pense que beaucoup de gens peuvent s’identifier à cette chanson. Voilà pourquoi elle me plait.

 

Le titre sera-t-il retravaillé ou est-ce la version définitive ?

 

Peut-être. On est encore sur des idées qu’on va peut-être réaliser, je ne sais pas encore. Mais le sens de la chanson est là et ça, ça ne bougera pas. Peut-être que des petites choses vocales changeront pour amener plus de magie, peut-être aussi plus de force. Cette chanson est très intense dans le texte et j’ai proposé de petites choses pour amener plus de force et d’espoir à la fin et on est en train de les essayer.

Une version en anglais est prévue ?

 

Non pas pour le moment.

 

Même pas un couplet ?

 

Non tout en français. La langue française est belle. Elle accompagne souvent les gens qui souffrent. Pourquoi la chanter en anglais ? On nous traiterait d’opportunistes. Et puis c’est difficile de chanter une partie en anglais parce qu’il n’y a pas de refrain. La chanson progresse non-stop et ça n’est pas possible de changer la langue en plein milieu.

 

Comment faire passer le message aux Européens non-francophones.

 

Il va y avoir des choses dans la mise en scène, pour que tout le monde comprenne. Et tout le monde comprendra le message je pense. J’ai reçu beaucoup de messages via ma page facebook. D’Azerbaïdjan, d’Arménie, de Roumanie. Et ils ont compris la chanson. Je crois en l’authenticité d’un artiste. Je pense que quand tu travailles bien tes chansons et que tu t’imprègnes de ton texte, il se passe des choses, dans le regard, par des gestes, et je pense que je serai comprise. J’ai de l’expérience. Dans les piano-bars et il y avait des gens du monde entier. J’ai aussi chanté en Chine et en français. Et tout le monde m’a compris. Pas au niveau du vocabulaire. Mais il y a la performance vocale, il y a l’attitude et quand tu fais ta prestation ce que tu ressens ça ressort au bout d’un moment. Tes émotions ressortent. Quand tu n’es pas bien ça se voit. Quand tu t’ennuies ça se voit. Même quand tu ne dis rien.

 

Quelle est l’image que tu as de l’Eurovision ?

 

Est-ce que je suis objective ? C’est un rêve de petite fille. Alors c’est vrai que plein de gens me disent que c’est ringard mais moi je dis que c’est branché. Et je suis contente que ça perdure parce que ça fait un peu tradition. Pourquoi enlever tout ce qui a été fait ? Qu’est-ce qu’on peut nous proposer de mieux ? Tous ces pays qui se rencontrent. Toute l’Europe réunie. Ce n’est pas une fin en soi de gagner. C’est quand même chouette l’aventure humaine de ce concours. Ouvrir les portes. Ecouter ce que font les autres. Quelles sont leurs musiques, leur influence. Rien que pour tout ça, c’est très chouette. Chaque artiste peut faire passer ses messages avec sa musique, qu’on aime ou qu’on n’aime pas peu importe. Il faut que ça existe toujours. Il ne faut pas l’enlever.

 

Tu regardes le programme chaque année ?

 

Chaque année je regarde. Mais pas cette année, comme ça je n’aurai pas peur de mes concurrents (rires).

 

Il y a des moments qui t’ont marquée ?

 

Je me souviens d’Anne-Marie David (en 1979). Je sais que Serge Lama l’a fait. Je me souviens de Corine Hermès, de Patrick Fiori, de Céline Dion, d’Anggun il n’y a pas très longtemps. Et l’année dernière j’étais très contente que Conchita Wurst ait gagné parce que c’est quelqu’un qui a du talent.

 

L’Eurovision c’est une folie médiatique de trois mois. On est sollicité de partout. Comment est-ce que tu te prépares ?

 

Je ne m’y suis pas préparée dans le sens où j’essaye d’être à chaque interview comme avec toi. Je parle avec mon cœur. Je ferai de jolis sourires aux photographes. Mais je veux rester l’artiste authentique que je suis. Et je profite de tout. C’est formidable de le vivre. Ça peut aussi être un boost dans une carrière. Mais en même temps je ne me prends pas trop la tête et je reste zen.

 

Avez-vous préparé un plan média sur la France ? Des passages en télé ou en radio ? Sur scène ?

 

Oui. Il y a pas mal de télés qui sont en train de se mettre en place. La première télé qu’on fera sera diffusée le 28 février sur France 2. Les gens pourront écouter pour la première fois la chanson en live. Beaucoup de passages sur le service public sont prévus et probablement aussi dans le privé (NDLR : Cyril Hanouna adore la chanson, alors Lisa bientôt sur D8 ?), M6, TF1 avec « 50 minutes inside », etc …

 

Et en Europe ?

 

Oui on aimerait bien mais ça risque d’être difficile faute de temps. Par contre on sera à « Eurovision In Concert » à Amsterdam.

 

L’annonce de ta sélection a fait le buzz sur les réseaux sociaux qui se sont déchaînés dans tous les sens. Des gens ont adhéré mais pas tous. Que réponds-tu à ceux qui disent que ta chanson ferait vieillot ou que tu aurais passé l’âge pour participer ?

 

Je leur dit que c’est bien triste qu’on perde du temps à épier chaque petit détail d’un artiste. Effectivement tu aimes ou tu n’aimes pas. Je ne pense pas faire l’unanimité. Mais qui fait l’unanimité ? Je n’ai pas envie de m’attarder sur les gens qui ont envie de juger ou de parler méchamment. Je préfère ne pas lire ce qu’il se dit sur les réseaux sociaux. Parfois je tombe sur un commentaire …

 

Je pense que je représente la France humblement. Je pense avoir une certaine légitimité. Il y a des gens sans connaître ta vie qui se permettent de te juger. S’ils n’ont que ça à faire et que ça leur fait du bien, tant mieux pour eux.

 

La France n’a pas été dans le Top 10 depuis 2009, dans le Top 5 depuis 2002. Nos derniers résultats sont 22ème en 2012, 23ème en 2013 et dernier en 2014. Est-ce que tu sens de la pression par rapport à ça ?

 

Même pas. Si je finis dernière au concours cette année ça voudra dire que tout le monde aura fait une grosse erreur. Je pense savoir ce que je peux donner sur scène. Si vraiment c’est mal reçu c’est que je n’ai rien compris. C’est que l’authenticité ça ne fonctionne pas. Ou que la chanson serait trop triste alors qu’on veut du festif qui bouge. C’est un honneur qu’on m’a fait en me choisissant pour représenter la France et je m’attelle à bosser comme une dingue pour faire une belle prestation et être à la hauteur de l’honneur qu’on me fait. Si ce n’est pas bien reçu par les jurys et les téléspectateurs c’est qu’on se sera trompé. Mais être critiqué avant d’avoir vu ce qu’on va proposer ça n’a pas de sens.

 

Tu as croisé souvent Anggun et Natasha-St-Pier. Est-ce qu’elles t’ont contacté et est-ce qu’elles t’ont donné des conseils ?

 

Pas de conseils, mais j’ai vu Anggun il y a quelques jours. Elle est venue vers moi avec un petit drapeau bleu-blanc-rouge et elle était très contente pour moi. Natasha non, mais elle est en studio et prépare son prochain album. Par contre j’ai des nouvelles de Patrick Fiori qui a bien envie de venir à Vienne au mois de mai.

 

Tu as aussi rencontré Céline Dion. Peux-tu nous en parler ?

 

Céline Dion c’est l’artiste la plus humble que j’ai rencontré. Avec la carrière de dingue qu’elle a, elle reste d’une disponibilité et d’une gentillesse rarissimes et d’un professionnalisme défiant toute concurrence. Moi j’ai toujours admiré Streisand et je pense qu’elle est dans la lignée de Streisand. C’est une artiste qu’on ne peut qu’admirer.

 

Et Conchita Wurst ?

 

Je l’ai rencontrée cette année à la fête de la musique. C’est une artiste qui a une authenticité, quelque chose de vrai qui émane d’elle. C’est pour ça que je pense qu’on a nos chances.

 

Quelle est la question que je ne t’ai pas posée et que tu aurais aimé que je te pose ?

 

Il n’y en a pas. Plus j’évite de parler de moi et mieux je me sens.

 

 

Et maintenant je te propose une sorte de questionnaire de Proust.

 

Ce que tu apprécies le plus chez tes amis ? Leur naturel.

Ton plus gros défaut ? L’intolérance face à l’incompétence.

Ta plus grande qualité ? Je suis travailleuse (NDLR : Son manager dit généreuse).

Ta couleur préférée ? Gris.

Ta fleur préférée ? L’orchidée.

Ton animal préféré ? Le chien.

L’homme que tu admires le plus ? Mon mari.

Ton héros ou ton héroïne préférée ? Lara Croft.

Ton film préféré ? Volt.

Ton monument préféré ? La place de la Concorde.

Ta devise ? Celui qui ne sait pas vivre avec les différences n’a rien à faire dans ce monde.

Ton occupation préférée, à part chanter ? Etre maman.

La chanson que tu aurais aimé qu’on ait composé pour toi ? « I will always love you » de Whitney Houston, et en français « Une femme avec toi » de Nicole Croisille.

L’album que tu emporterais sur une ile déserte ? Le dernier album de Florent Pagny.

Ta danse préférée ? Le slow.

Tu es plus Beatles ou Rolling Stones ? Beatles.

Tu es plus Queen ou Pink Floyd ? Queen.

Tu es plus Michael Jackson ou Prince ? Difficile. Michael Jackson.

Tu es plus Rihanna ou Beyoncé ? Beyoncé.

Tu es plus Sheila ou Sylvie Vartan ? Sylvie.

Tu es plus Mylène Farmer ou Zazie ? Zazie.

Tu es plus Johnny ou Eddy ? Johnny.

Tu es plus Florent Pagny ou Calogero ? J’adore Calo et il compose pour Pagny, alors les deux.

Si tu pouvais choisir cinq auteurs et compositeurs pour un album idéal, qui choisirais-tu ? Calogero, Zazie, Jacques Veneruzo, j’ai déjà Robert Goldman alors pourquoi pas son frère Jean-Jacques ? Et Lionel Florence.

 

 

Merci.

 

 

Propos recueillis le 3 février 2015 par Farouk Vallette.