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1° répétition de la France (vendredi 10 mai)

par Stéphane CHIFFRE
le 10.05.19 à 21:18

1° répétition de la France (vendredi 10 mai)

Ce vendredi avait lieu la première répétition d’Israel et du big Five.
Je me contenterai de commenter la France, tant l’émotion m’a embarqué, que je n’ai pas trop suivi les suivants (un peu l’Espagne, une académie des 6 bien colorée, et l’Italie, où Mahmood est souffrant et toute la réalisation doit être revue).

La réalisation de la prestation française commence sur un plan serré sur le visage de Bilal sur lequel une image est projetée (face mapping) à dominante jaune puis pleins d’autres choses apparaissent et suivent le visage de Bilal alors qu’il tourne la tête pour finalement apparaitre « au grand jour ». Il s’agit d’une partie qui a nécessité du temps de réglage et va être retravaillée d’ici dimanche (je n’ai pas tout compris). Bilal vient ensuite au centre de la scène, puis est rejoint par une danseuse aux formes bien arrondies (il s’agit d’une danseuse américaine, Lizzy Howell, qui a fait du buzz sur les réseaux sociaux), et dont l’histoire apparait à l’écran. Il y a comme un jeu entre Bilal et la danseuse. Puis ensuite Bilal entame son refrain et différents mots apparaissent en grosses lettres sur l’écran :  » people judge me on a picture », »Tolerance », »difference », « harassment », etc. portant le message de la chanson. Au deuxième couplet une deuxième danseuse, sourde et muette originaire de Taïwan à qui l’on disait qu’elle ne pourrait danser du fait de son handicap (l’histoire apparait encore à l’écran sous d’articles de journaux, comme pour la première danseuse) rejoint Bilal sur scène et s’exprime avec ses mains en langage des signes. On mesure l’effet du revamp de la chanson, plus de percussion, on sent le cœur battre, lorsque Bilal et la danseuse s’étreignent. Au final, les trois se rejoignent au centre de la scène et font la couronne avec les deux mains, comme sur la pochette du single (reprise sur le badge qu’Eurofans a produit en soutien, et distribué à la conférence de presse qui a suivi), on voit alors au-dessus d’eux la photo de Bilal enfant faisant le signe de la couronne, et juste après, la musique s’arrêtant, on peut lire en grandes lettres « WE ARE ALL KINGS », puis le KINGS pivote pour faire « WE ARE ALL QUEENS ».
Tonnerre d’applaudissements dans la salle de presse. Des collègues des autres clubs OGAE viennent me voir pour me dire « congratulations! » (je n’y suis pas pour grand chose) alors que je suis submergé par l’émotion. Je crois qu’ils mesurent parfaitement bien le nombre de répétitions françaises ratées ou moyennes que le fan français que je suis a dû endurer années après années. Je savoure l’instant.
Il est aussi intéressant de noter que la posture des journalistes présents vis-à-vis de Bilal a aussi été retournée, leur regard a changé. Cela s’est bien ressenti lors de la conférence de presse qui a suivi. La salle a aussi interragi avec les deux danseuses qui ont toutes deux raconté (il y avait une traductrice langue des signes/anglais) comment elles avaient été associées à ce projet, que je savoure d’autant mieux à présent que rien n’avait filtré. Un de mes collègues avait prévu de demander : « Bilal, you say you are a king. Why do you dress like a queen ? ». Question devenue caduque après la prestation, la réponse se trouvant dans les 3 minutes sur scène.
J’ai le sentiment que cette année nous avons, comme d’ailleurs au dernier concours Eurovision Junior, le « whole package » qui nous manquait depuis une éternité. Se souviendra-t-on de Bilal Hassani après la diffusion des 26 chansons ? Je pense que oui.
Rendez-vous dimanche pour la seconde répétition française.
Après cette longue journée, un pastis s’impose! Que je trinquerai au succès de notre chanson.

SC



Photos : SMC, eurovision.tv
Vidéos : eurovision.tv